38 rue Beaujon
75008 PARIS
Tél. : 01 44 09 00 09

Gynécomastie

La gynécomastie est un développement excessif des seins chez l’homme, d’un seul ou des deux côtés, de façon symétrique ou non Elle n’est généralement pas douloureuse, mais peut parfois s’accompagner d’une sensibilité de la poitrine. Elle est constituée de graisse (fausse gynécomastie) et/ou de glande mammaire (gynécomastie vraie).

La cure chirurgicale d'une gynécomastie est une intervention prise en charge par la sécurité sociale, sans accord préalable, à condition qu'elle soit "réalisée après bilan endocrinien, après la puberté, pour gynécomastie accusée, pouvant poser un problème d'ordre sexuel ou psychologique (en particulier gynécomastie asymétrique, douloureuse, avec distension aréolaire)".

La gynécomastie est très fréquente, en particulier à certaines périodes de la vie : chez le nouveau né (60% des cas), puis au moment de la puberté (60% des cas) où elle disparaît généralement en moins de deux ans. Chez l’homme adulte, la gynécomastie survient dans 30% des cas environ (jusqu’à 60% des cas après 70 ans).
Dans la grande majorité des cas, la gynécomastie est normale, ou «physiologique», ou « idiopathique », c’est-à-dire qu’aucune cause n’est retrouvée.
Cependant, il est nécessaire de pratiquer un bilan complet, à la recherche d’une éventuelle cause pathologique ou médicamenteuse. Ce bilan doit être idéalement réalisé par un médecin endocrinologue. Une échographie et/ou une mammographie sont souvent utiles pour préciser la composante glandulaire et éliminer une tumeur.

Parmi les causes pathologiques, c’est-à-dire parmi les maladies qui sont susceptibles d’entraîner une gynécomastie, il faut citer :

 

  • les tumeurs du testicule, de la surrénale, de l’hypophyse, du poumon,
  • le syndrome de Klinefelter,
  • les maladies du rein, de la thyroïde, la cirrhose du foie,
  • les insuffisances hormonales testiculaires.


Parmi les causes médicamenteuses, c’est-à-dire parmi les médicaments susceptibles d’entraîner une gynécomastie, il faut citer :

 

  • les oestrogènes,
  • la cimetidine (TAGAMET®),
  • la spironolactone (ALDACTONE®, ALDACTAZINE®).


Un traitement chirurgical doit être envisagé pour les gynécomasties « physiologiques » ou après échec du traitement médical pour les gynécomasties pathologiques. Chez l’adolescent, il faut attendre environ 2 ans d’évolution avant d’envisager la chirurgie.
Ce traitement s’adresse particulièrement aux formes gênantes par leur volume ou leur sensibilité, ou psychologiquement mal tolérées.

La technique à utiliser dépend de la peau, de la nature (graisse seule ou glande) et du volume de la gynécomastie :

  • Lipoaspiration pour les gynécomasties graisseuses,
  • Ablation par une incision en périphérie de la moitié inférieure de chaque aréole pour les petites gynécomasties glandulaires,
  • Ablation par une incision horizontale, plus ou moins longue, située au niveau des aréoles pour les gynécomasties volumineuses.

Avant l’intervention

  • Deux consultations de chirurgie espacées de 15 jours minimum sont obligatoires,
  • Des photographies médicales sont toujours réalisées,
  • Une échographie et un bilan endocrinien sont toujours demandés,
  • Une consultation d’anesthésie est obligatoire plusieurs jours avant l’intervention,
  • Arrêt strict du tabac 5 semaines avant l’intervention,
  • Une période d'indisponibilité professionnelle de 15 jours environ est à prévoir.


Dans les 30 jours précédant l’intervention, vous ne devez pas prendre les médicaments suivants (*) :

  • Aspirine,
  • Anti inflammatoires,
  • Anti coagulants oraux.


(*) Liste non exhaustive dépendant de vos antécédents médicaux et des interactions médicamenteuses possibles.

L’intervention

  • Vous êtes hospitalisé(e) la veille de l’intervention à 17h00.
  • Vous devez impérativement être à jeun depuis minuit (y compris pour l'eau et le tabac).
  • L’intervention se déroule sous anesthésie générale et dure environ 1 heure.

Après l’intervention

  • Une surveillance a lieu en salle de réveil pendant environ deux heures, puis dans votre chambre.
  • Un système de drainage aspiratif est habituellement mis en place pour réduire les risques d’hématome. Il est généralement conservé 24 heures.
  • Le pansement est retiré le lendemain de l’intervention.
  • Le retour au domicile a lieu en général le lendemain de l'intervention et il est recommandé qu’une personne vous accompagne.
  • Les fils de suture utilisés sont habituellement résorbables sinon ils seront retirés dans les 2 semaines suivant l’intervention.
  • La première douche est autorisée dès le retrait du pansement.
  • Plusieurs consultations de contrôle sont réalisées, environ 1 mois, 3 mois, 6 mois et 1 an après l’intervention.

 

Les premières semaines après l’intervention, il est classique d’observer :

 

  • un oedème (gonflement) et des ecchymoses (bleues ou violettes) des seins. D'importance variable, ils sont souvent asymétriques et persistent une quinzaine de jours en moyenne.
  • les douleurs sont rares et bien soulagées par les traitements antalgiques simples.
  • la sensibilité des aréoles diminue temporairement après l’intervention.


La période d'arrêt des activités sportives est de 1 à 2 mois environ.
Le résultat définitif ne s’observe pas avant 3 à 6 mois et au moins 12 mois pour l’aspect définitif des cicatrices.
Des retouches chirurgicales sont parfois possibles, sous anesthésie locale ou générale selon les cas.

Les cicatrices

Comme pour toute intervention chirurgicale, il existe des cicatrices. Situées sur le sein, elles sont donc visibles mais s’estompent nettement après 12 mois.
La cicatrice peut comporter deux parties :

  • une cicatrice circulaire autour de la moitié inférieure de l’aréole (péri aréolaire), constante ;
  • une cicatrice horizontale de part et d’autre de l’aréole ;

 

Comme toutes les cicatrices :

  • Elles sont définitives.
  • Elles doivent être protégées du soleil pendant au moins 6 mois pour éviter le risque de pigmentation (coloration ou « bronzage ») définitive.
  • Elles peuvent être rouges et visibles pendant plusieurs mois.
  • Leur aspect définitif (largeur, épaisseur, couleur) est imprévisible et ne doit pas être jugé avant 6 à 12 mois.

Les risques de l'intervention

Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduits dans les conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et à la réglementation en vigueur, exposent à un risque de complication.

Comme toute intervention chirurgicale, le traitement de la gynécomastie comporte des risques :

Risques généraux :

  • Les risques liés à l’anesthésie générale vous seront expliqués par le médecin anesthésiste lors de la consultation pré-opératoire.
  • Un saignement de la zone opérée peut être extériorisé (hémorragie) ou non (hématome). Si une reprise chirurgicale est parfois nécessaire en urgence, cela ne modifie pas le résultat attendu à trois mois.
  • Une nécrose cutanée localisée est possible et nettement augmenté par le tabagisme. Elle concerne le plus souvent l’aréole. Elle retarde la cicatrisation de quelques semaines, et laisse des cicatrices un peu plus larges.
  • Une infection du site opératoire est exceptionnelle, mais possible.
  • L'épanchement lymphatique est possible malgré le drainage et peut conduire à des ponctions répétées et/ou exceptionnellement à un drainage.

Risques spécifiques :

  • Les modifications de la sensibilité : à type d'engourdissement, d'insensibilité, ou de sensations "bizarres", ces modifications sont fréquentes et disparaissent habituellement, au moins partiellement, avec le temps (plusieurs mois ou années selon les cas). Elles peuvent néanmoins être définitives.
  • Les cicatrices peuvent être larges ou hypertrophiques (en relief), de façon imprévisible et indépendante de la suture du chirurgien. Elles peuvent parfois nécessiter une retouche chirurgicale lorsqu'elles sont larges et/ou des injections de corticoïdes lorsqu'elles sont hypertrophiques.


Les imperfections du résultat sont possibles. Il peut s’agir d’une asymétrie résiduelle ou d’une correction insuffisante. Ces imperfections justifient parfois une retouche chirurgicale plusieurs mois après l’intervention initiale.

 

Subjectivité : L'intervention étant motivée par des raisons esthétiques, les résultats ne peuvent être appréciés que subjectivement. Il est donc important d'admettre que les résultats obtenus peuvent ne pas correspondre exactement aux résultats espérés.